L'été, le gaullisme social, le temps des réflexions…
L'été est souvent le moment où le rythme ralentit. Celui où l'on prend enfin le temps de lire, de réfléchir, de regarder notre pays avec un peu plus de recul que ne le permettent les urgences du quotidien.
Dans une époque où tout semble devoir être immédiat, conflictuel ou spectaculaire, il est parfois utile de revenir aux idées qui ont traversé le temps. Non par nostalgie. Encore moins par goût des commémorations. Mais parce que certaines d'entre elles demeurent étonnamment actuelles. Parmi elles figure le gaullisme social.
On caricature souvent le gaullisme en le réduisant à une certaine idée de l'autorité de l'État ou de l'indépendance nationale. Ces dimensions existent naturellement. Mais elles ne résument pas l'héritage du général de Gaulle.
Le gaullisme est aussi une philosophie profondément humaniste, qui refuse aussi bien le laisser-faire absolu que l'étatisme permanent. Il repose sur une conviction simple : l'économie doit être au service de la Nation, et la Nation au service des Français.
Dans un monde où les fractures sociales se creusent, où beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que les décisions s'éloignent d'eux, cette idée retrouve une force particulière.
Le gaullisme social affirme que la réussite économique n'a de sens que si elle profite au plus grand nombre. Il valorise le travail, la responsabilité, l'initiative, mais refuse que la société soit organisée selon la seule loi du marché. Il considère que l'entreprise est une communauté humaine avant d'être un simple centre de profits. Il encourage l'association du capital et du travail, la participation des salariés, le dialogue plutôt que l'affrontement permanent.
À l'heure où notre pays doit relever les défis de la réindustrialisation, de la transition écologique, de la révolution numérique et de la souveraineté économique, cette vision apparaît d'une grande modernité. Être moderne ne signifie pas rompre avec tout ce qui nous précède. Être moderne, c'est savoir adapter des principes solides aux réalités nouvelles.
A ce titre, le gaullisme social est particulièrement moderne. il nous rappelle que la liberté économique ne peut prospérer durablement sans justice sociale. Que l'autorité de l'État ne vaut que si elle protège les plus faibles tout en libérant les énergies. Que la décentralisation n'est pas une mode administrative mais une exigence démocratique, parce que les territoires connaissent souvent mieux leurs besoins que les administrations centrales, et savent souvent les traiter les sujets avec efficacité.
Comme maire, je mesure chaque jour combien les grandes théories trouvent leur vérité dans les réalités locales. Une commune n'avance jamais durablement lorsque chacun défend uniquement son intérêt particulier. Elle progresse lorsque l'on recherche le bien commun, lorsque l'on dialogue, lorsque l'on construit des compromis sans renoncer aux principes.
Cette manière de faire de la politique est sans doute plus exigeante. Elle est parfois moins spectaculaire. Mais elle me paraît aussi plus utile.
Notre pays n'a pas besoin de choisir entre l'autorité et la solidarité, entre la liberté et la protection, entre l'économie et la justice sociale. Il doit retrouver le chemin de l'équilibre.
C'est peut-être cela, au fond, la véritable modernité du gaullisme social : croire que la France peut rester fidèle à elle-même tout en préparant son avenir ; considérer que le progrès n'est réel que lorsqu'il bénéficie à tous ; rappeler enfin que la politique n'a de sens que lorsqu'elle rassemble davantage qu'elle ne divise.
Au moment où beaucoup d'entre nous s'apprêtent à prendre quelques jours de repos, je forme le vœu que nous conservions cette capacité à réfléchir sereinement à ce qui nous unit. Les débats reviendront à la rentrée. Ils seront nécessaires. Mais ils gagneraient sans doute à être nourris par davantage de convictions, et un peu moins de passions.
Je vous souhaite à toutes et à tous un très bel été, fait de repos, de découvertes, de moments partagés avec vos proches… et, pourquoi pas, de quelques lectures qui invitent à penser la France de demain.
A très bientôt !
Le maire et son téléphone !
Le téléphone du maire sonne rarement pour dire que tout va bien…
Lorsqu'on imagine le quotidien d'un maire, on pense souvent aux conseils municipaux, aux cérémonies ou aux inaugurations. Pourtant, une grande partie de son temps est rythmée par… les appels téléphoniques.
Et il y a une chose que les élus savent bien : si le téléphone sonne, c'est rarement pour annoncer une bonne nouvelle !
« Bonjour Monsieur le Maire, le lampadaire ne fonctionne plus… »
Un éclairage public est en panne dans une rue du village. L'information est transmise, le secteur est identifié, les services techniques ou le prestataire sont contactés et une intervention est programmée.
Derrière une simple ampoule défectueuse se cache souvent toute une organisation.
«Monsieur le maire, des dizaines de caravanes envahissent la commune... »
Le plaisir du maire...souvent à l'heure de l'apéritif !
Et là, pas de sujet, il faut être aux côtés des habitants, et aller au contact de ceux qui convoitent une installation illicite sur la commune.
S'en suivent alors de longues heures de discussions, plus ou moins couronnées de succès. Puis retour à la maison, le reste de la famille est couché, soirée gâchée.
« Nous avons trouvé un chien… »
Un chien erre dans les rues de la commune ou a été retrouvé sans son propriétaire.
Il faut vérifier s'il est identifié, contacter les services compétents, prévenir la fourrière animale si nécessaire, diffuser l'information et parfois rassurer un propriétaire inquiet.
Ces situations sont plus fréquentes qu'on ne l'imagine.
« La route est sous l'eau ! »
Après un violent orage, un fossé déborde, une chaussée est inondée ou un arbre bloque la circulation.
Il faut rapidement évaluer la situation, sécuriser les lieux, prévenir les services compétents et informer les habitants concernés.
Certaines urgences n'attendent pas le lendemain matin.
« L'association aurait besoin d'un coup de main… »
Une association prépare une manifestation.
Elle a besoin de barrières, de tables, de chaises, d'un branchement électrique, d'une salle ou d'un simple conseil administratif.
La mairie accompagne quotidiennement les bénévoles afin que les événements puissent se dérouler dans les meilleures conditions.
« Nous souhaiterions nous marier à Réau… »
Parmi tous ces appels, certains sont heureusement plus joyeux.
Des futurs mariés souhaitent connaître les démarches, réserver une date ou préparer leur cérémonie.
Ces moments heureux rappellent aussi que la mairie accompagne les habitants dans toutes les étapes importantes de leur vie.
Être joignable… presque tout le temps
Le téléphone d'un maire ne connaît ni les horaires de bureau, ni les week-ends, ni parfois les jours fériés.
Le téléphone posé sur la table de chevet, il faut répondre la nuit, pour accompagner une intervention des pompiers, pour un arbre tombé en travers d ela chaussée, etc.
Derrière chaque appel se cache une demande, une inquiétude, une urgence ou tout simplement un habitant qui cherche un interlocuteur.
Être maire d'une commune rurale, c'est accepter que le téléphone fasse partie du quotidien… et qu'il puisse sonner à tout moment, avec une nouvelle situation à résoudre.
Pour un candidat unique de la droite et du centre !
A neuf mois de l'élection présidentielle 2027, on peine à y voir clair parmi les différentes déclarations de candidatures.
Au milieu de ce brouillard politique, j'ai pour ma part quelques certitudes :
1- il faudra un candidat unique, rassemblant la Droite et le Centre. Toute autre forme de candidature me semble vouée à l'échec. Les français réclament de la fermeté, mais ils réclament également l'espérance de jours meilleurs, d'une France forte, moderne, dynamique, qui voit ses comptes se redresser, qui apporte des réponses rapides en matière d'immigration, de lutte contre le réchauffement climatique, de santé, de logement, de pouvoir d'achat, de sécurité et d'éducation, et dans laquelle il fait bon vivre ensemble. Ces attentes sont légitimes, et les mieux placés pour y apporter des réponses sont, selon moi, les héritiers du "gaullisme social".
2- aucune alliance et aucun accord avec les extrèmes n'est envisageable, au risque de faire disparaitre politiquement la Droite républicaine française. On ne peut pas résoudre des sujets complexes avec des réponses populistes. Et quelle confiance accorder à celles et ceux qui changement d'avis tous les quatre matins, sur l'europe, la sortie de l'euro, ou encore les retraites ?
Nos compatriotes demandent de la visibilité, un cap clair, avec des objectifs chiffrés et mesurables.
Des efforts seront sans doute nécessaires, compte tenu de l'état de nos finances publiques, fortement dégradées. Sans signe fort de changement, il sera difficile de mettre en oeuvre un projet politique ambitieux. C'est pourquoi certains dossiers devront être arbitrés prioritairement, je pense à certains sujets de justice, d'éducation, de santé, ou liés au climat.
J'aurai l'occasion d'y revenir, mais ma vision est limpide à l'approche de cette échéance électorale majeure, et j'espère que nos grands responsables politiques de la Droite et du Centre auront la sagesse de se rassembler autour d'un programme et d'un candidat de rassemblement, dès le début de l'automne.
Redonnons de l'espérance aux français !
La vie de Maire n'est pas un long fleuve tranquille !
« En 2023, 613 maires ont quitté leur fonction, soit près de deux par jour ! » (Étude du CEVIPOF/Sciences Po)
Partant de ce constat, à cinq mois des élections, il m’a semblé important de rappeler ce qu’implique la fonction de Maire, et singulièrement celle de Maire de Réau.
Beaucoup de nos concitoyens imaginent encore que leur Maire est « tout puissant », qu’il peut tout autoriser ou interdire à sa guise. La réalité est toute autre : l’action du Maire est très encadrée, par différents textes, et dans tous les domaines.
Oui, la mission de Maire est une belle mission. Outre le prestige de porter l’écharpe tricolore, d’accueillir un ou deux ministres durant le mandat, elle présente des aspects agréables, comme le fait de célébrer un mariage, d’échanger avec les administrés, avec les enfants de l’école, les personnes âgées, le personnel communal, ou tout autre acteur de la commune. Attention ! Cette proximité peut aussi produire les effets inverses : on dit souvent que le Maire est « à portée de baffes ou d’engueulades de ses administrés ». Il m’est arrivé de le vérifier (pas trop souvent heureusement !), mais c’est une réalité.
Le premier édile de la commune, c’est aussi celui qui perd énormément d’heures de sommeil à resasser les complexités liées à la commune, ou qui est réveillé en pleine nuit par un appel des pompiers, ou de la police, à la suite d’un accident. Si vous n’aimez pas dormir, vous avez une première qualité indispensable !
De la même façon, si vous avez un goût prononcé pour la médiation, vous êtes fait pour le poste ! les conflits de voisinage ne manquent pas, et devinez qui on appelle dans ces cas-là ?!
Et oui, le Maire !
C’est également accepter de passer une grande partie de son temps au service de sa commune et de ses habitants. La notion de week-ends, de vacances et de jours fériés devient un peu aléatoire…
La fonction amène à s'éloigner de sa famille, par exemple lorsque vous célébrez une cérémonie du 11 novembre, quand vos proches partent en week-end prolongé.
C’est accepter que des habitants viennent parfois sonner à votre domicile pour vous faire part d’un sujet qui leur tient à cœur, qu’ils considèrent comme urgent, sans vraiment se rendre compte de la charge supplémentaire que cela fait porter à l’élu.
Par-dessus-tout, c’est assumer des décisions parfois impopulaires, mais indispensables, qui raviront certains mais en décevront d’autres.
Réau est une commune très singulière : une petite commune en termes de nombre d’habitants, mais avec des sujets dignes des plus grandes communes. Le fait de faire partie d’une Opération d’Intérêt National (OIN) impose des devoirs supplémentaires, comme celui de participer plus activement que d’autres à la construction de logements et au développement économique. Bien sûr, tout cela est très chronophage…et assez impopulaire !
Comme si ça n’était pas suffisant, l’appartenance à une intercommunalité vous ajoutera une somme non négligeable de travail supplémentaire.
Et comme à Réau on ne fait pas les choses à moitié, on aime ajouter quelques petites tâches. Vous aimez jouer à vous faire peur, vous rêviez de passer un quart d’heure dans une pièce de 5M² avec un détenu (dangereux ou pas, allez-savoir ?!), c’est possible, et même fréquent ! (j‘entends déjà les blagues graveleuses arriver : il s’agit juste de procéder à un acte d’état civil…)
Ah j’oubliai le meilleur, le summum, la quintessence du bonheur, lorsque tu rentres le vendredi à la maison, fatigué, le sentiment du devoir accompli, après une journée et une semaine compliquée, que tu commences un moment apéritif relaxant et salvateur.
Ce moment que les gens du voyage, dans leur grande générosité, ont décidé de partager avec toi, à leur façon, en te témoignant leur affection débordante, au point de ne pas résister à l’envie de s’installer ici, dans ta commune, pour quelques jours ou quelques semaines.
Adieu l’apéro, en verra ça plus tard, et bonjour les négociations avec ces vacanciers d’un autre genre, heureusement avec l'accompagnement de la police et d'un médiateur du GIP77.
Et bien voyez-vous, en dépit de ces pérégrinations du quotidien d’élu local, j’aime toujours autant être le Maire de cette belle commune et de ses habitants formidables !
Le renouveau de la France, c'est l'entreprise !
Il y a des sujets qui paraissent tellement évidents, que l'on ne pense même pas à les aborder !
Et pourtant, dans cette période de fortes turbulences pour notre pays, il me semble utile de parler un peu d'économie, en revenant aux fondamentaux.
Je ne me lancerai pas dans des propos hautement techniques, cela n'intéresserait pas grand monde.
Mon propos se veut donc très accessible !
Pourrait-on se rejoindre sur un postulat très simple ? : l'entreprise est la source de toute relance du pays !
Car on peut raconter tout ce qu'on veut, ce sont les entreprises, et seulement les entreprises, dans leur entiereté, qui font la richesse d'un pays.
Ce faisant, un pays en bonne santé est un pays qui produit de la richesse, donc avec des entreprises qui produisent de la richesse, dégageant ainsi des marges financières, pour embaucher des salariés, augmenter ces salariés, pour intégrer des process plus respectueux de l'environnement, assurer la recherche et le développement qui assureront leur avenir, et donc notre avenir, et abonder aux dépenses de Etat, pour maintenir notre système de solidarité nationale.
Alors, cessons d'opposer chefs d'entreprises et salariés. Tous sont dans un même bâteau, qui a besoin d'être le mieux armé possible pour affronter des tempêtes économiques mondiales actuelles.
A ce jeu, la gauche française est totalement déconnectée des réalités. Elle se targue de vouloir aider les salariés, en tapant sur les patrons ! ce faisant, elle produit en réalité l'effet inverse. Elle n'a de cesse que de "taper" sur les patrons, affaiblissant ainsi les entreprises et par conséquent la condition de ses salariés.
Elle réduit constament les entreprises aux seules multinationales du CAC40, alors que plus de 90% des entreprises françaises ont moins de 10 salariés, entreprises dirigées par des chefs d'entreprises qui peinent à gagner leur vie, et dorment peu.
Quelle vision simpliste et absurde du monde que nous vivons !
Tous les dispositifs fiscaux sont prévus en France pour qu'il soit quasiment impossible de s'enrichir personnellement. Par conséquent, des employeurs qui gagnent de l'argent en France, ce sont des employeurs qui ré-investissement l'argent gagné au sein de l'entreprise, au bénéfice de la prospérité de celle-ci, et donc aussi des ses employés.
C'est peut-être là ma fibre de "gaulliste social" qui s'exprime : chaque salarié devrait à l'avenir tirer bénéfice de la réussite de son entreprise, via un processus d'intéressement qui doit s'imposer à l'employeur.
Car ce qui fonctionne de haut en bas, fonctionne tout autant de bas en haut : plus un salarié est épanoui, plus il s'investi dans son entreprise, et plus il lui apporte.
Une fois tout cela évoqué, le rôle du politique parait bien moins central que la place qui lui est octroyée dans la plupart des médias. Et pourtant, il l'est ! Et l'action première des responsables politiques français devrait donc être mise au profit de la réussite des entreprises, car ce sont bien des entreprises prospères qui permettront la relance de la France, et mécaniquement l'amélioration des conditions de vie des français.
C'est peut-être ça finalement, une doite sociale et écologique !
Vive l'entreprise, vive les salariés, et vive la France, Tout est encore possible !
Loi Duplomb, évitons que nos agriculteurs y laissent des plumes…
La très récente « loi Duplomb » prouve à quel point notre pays manque cruellement de nuance.
En janvier 2024, toute la France était derrière « ses » agriculteurs. Je garderai toujours en mémoire ma rencontre avec les agriculteurs de Seine-et-Marne, de l’Aube, de l’Yonne, de Saône-et-Loire, sur l’asphalte de l’autoroute A5a, bloquée à Réau par les agriculteurs en colère. J’y ai vu affiché à cette occasion des slogans forts : « pas d’interdictions sans solutions» ou encore "n'importons-pas l'alimentation dont nous ne voulons pas".
Le « bon sens paysan », que peu de gens ne contestaient alors, y compris même parmi certains signataires de la pétition contre la loi Duplomb, avait touché les français au coeur.
Un an et demi plus tard, ces mêmes agriculteurs sont livrés à la vindicte populaire. Leur crime ? l’utilisation d’un pesticide interdit en France, mais pourtant autorisé partout ailleurs en Europe.
La polémique qui découle de cette loi, largement nourrie par des positions démagogiques, voire clientélistes, est globalisée. Hors, ce sont bien en réalité deux sujets distincts auxquels nous devrions apporter une réponse :
D’une part, celui d’un état français qui a placé ses agriculteurs dans une situation de concurrence déloyale vis-à-vis de leurs voisins européens.
D’autre part, une question de santé publique, et de préservation de la biodiversité. A terme, il semble évident que l’utilisation de certains pesticides de la famille des néonicotinoïdes pose un problème de santé publique. A ce titre, doit-on se satisfaire de l’utilisation de l’acétamipride ? A l’évidence, non.
Mais pour autant, la réponse ne peut pas être "binaire", entre une « interdiction immédiate » ou une «autorisation pure et simple ».
Il est donc indispensable d’apporter une réponse plus nuancée et réfléchie que la seule et brutale interdiction, qui viendrait percuter de plein fouet nos filières de betteraves et de noisettes, pour possiblement les anéantir.
D'ailleurs l'histoire récente nous montre que ce "tango" ultra normatif (un pas en avant, deux pas en arrière) est inefficace.
Cessons de monter les gens les uns contre les autres. Les gentils écolos contre les méchants agriculteurs. Nos agriculteurs sont des gens raisonnables. Ils l'ont prouvé ces dernières années, en diminuant de moitié, entre 2009 et 2021, la part des quantités de substances actives classées « cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques » (CMR) utilisées en agriculture, passant de 29,2 % à 11,3 % du total des ventes de pesticides (source https://www.notre-environnement.gouv.fr/actualites/breves/article/pesticides-en-agriculture-comment-evoluent-les-ventes-des-substances-les-plus)
Ce faisant, Il me semble que nos gouvernants seraient bien inspirés de rencontrer les acteurs du monde agricole, et d’accorder une autorisation d’utilisation dérogatoire, pour une durée bien définie, suffisante pour permettre la mise en place d’une solution alternative, dans une démarche d’accompagnement, constructive.
C'est, me semble-t-il, la seule voie pour une évolution vertueuse et durable des pratiques.
Pour une écologie partagée par tous !
L’histoire de la politique tend à démontrer qu’en France, l’écologie serait une valeur de gauche.
Les verts, ou leurs prédécesseurs, ont eu le mérite de mettre le sujet sur la table, à une période ou peu de gens avaient envie d’en entendre parler. Reconnaissons que cette démarche a reçu un écho favorable à gauche, et finalement assez faible à droite.
Ceux qui avaient eu le mérite de lancer l’alerte, ont depuis été remplacés par des défenseurs d’une écologie plus dogmatique, noyée dans des discours proches de ceux de l’extrême-gauche.
Force est de constater que ce positionnement a amené l’écologie politique en France, après avoir connu des heures glorieuses, à plafonner et même à régresser ces dernières décennies.
En réalité, l’écologie n’est, dans sa substance originelle, ni de gauche, ni de droite, et cette substance pourrait former un « socle commun », partagé par tous.
La droite française doit changer de paradigme dans ce domaine, en portant la voix d’une écologie positive, de bon sens, aux solutions pragmatiques et efficaces.
Gérer le présent en préparant l’avenir des générations futures, n’est-ce pas dans l’esprit du Gaullisme, que nous devons entretenir ?
Une fois ceci-dit, ou placer le curseur ? sur quoi pouvons-nous parler d’une seule voie ?
En premier lieu, il serait utopique de considérer que le nucléaire n’a pas sa place dans le mix énergétique. Dans un monde toujours plus consommateur d’électricité, nous ne pouvons pas nous en passer, et nous le pourrons de moins en moins. La multiplication des projets de datacenters, le développement de la mobilité électrique (automobiles, vélos, trottinettes, et pourquoi pas les avions et bateaux demain), nous rend dépendant de l’électricité, dans des proportions considérables, qui ne cessent de s’accroitre. Si le nucléaire ne coche pas toutes les cases de la vertu, il présente l’avantage essentiel d’être faiblement émetteur de CO².
Doit-on pour autant se contenter de cette réponse ? assurément non ! il est au contraire indispensable d’accélérer sur le développement des énergies alternatives (renouvelables et non fossiles) :
Le photovoltaïque (déployé en ombrières, en toitures de bâtiments, en ventelles, etc.)
L’éolien, en mer ou terrestre, à la seule condition qu’il soit validé après concertation des habitants et des élus, par des votations locales
La géothermie, pour le chauffage de quartiers résidentiels ou de grandes unités économiques.
L’énergie hydraulique, bien sûr, même si les capacités de développement semblent réduites
La biomasse
La méthanisation agricole à base de résidus de l’agriculture (exemple des pulpes de betteraves), de cultures intermédiaires (cives) ou encore de biodéchets.
A ce titre, les meilleurs déchets sont ceux que l’on ne produit pas ! Est-il normal, par exemple, que la norme des tubes de dentifrice (operculés), soit d’être suremballés dans des étuis en carton, eux-mêmes parfois suremballés par trois dans des emballages plastiques ? résultat, nous traitons des déchets totalement inutiles. Il est urgent de légiférer et de prendre pour cela nos distances avec certains lobbies.
Une accélération du développement de ces énergies plus propres pourrait permettre de créer ou recréer des filières industrielles (panneaux photovoltaïques par exemple). Ces filières viendront s’ajouter à d’autres (médicaments, semi-conducteurs, etc.), dans la cadre d’un vaste projet de réindustrialisation.
Il nous faut encourager le retour des circuits courts ! on se dit parfois que nos anciens avaient tout compris, et que ce qui est appelé le « modernisme » n’est peut-être finalement pas synonyme de progrès…
Cela passe par un encouragement des approvisionnements directs du consommateur au producteur, en aidant la construction des drives fermiers par exemple. Il est sans doute aussi nécessaire de revoir le code des marchés publics en introduisant une plus large place aux critères de proximité.
A l’inverse, pénalisons plus durement les importations de produits dont la fabrication ne respecte pas les normes sociales et environnementales que nous nous imposons à nous-mêmes.
Nous pouvons sans doute aussi nous accorder sur quelques principes fondamentaux, comme lutter pour le bienêtre animal (et durcir les sanctions pour ceux qui le mettent à mal), ou encore pour la protection des océans (en poursuivant par exemple la suppression des contenants et emballages en plastique), et de la ressource en eau plus généralement.
La lutte contre les dépôts sauvages, véritable fléau de nos campagnes et zone périurbaines, doit devenir une priorité forte (étudions la mise en place d’une licence globale pour les entreprises, afin de donner un accès plus simple à toutes les déchetteries, et renforçons les sanctions pour les contrevenants, avec des amendes plus élevées et pourquoi pas la saisie du véhicule).
Les perspectives climatiques, les incertitudes sur les approvisionnements en énergie fossile, et d’autres dérèglements annoncés ouvrent d’autres pistes de réflexion, comme :
- La « végétalisation » de l’espace public (cours d’école, rues)
- L’accélération du covoiturage (une partie des bouchons qui sclérosent nos villes aux heures de pointe pourrait être évitée)
- Une accentuation de l’effort de développement des pistes cyclables et piétonnes
- Des aides au remplacement du patrimoine d’éclairage public par des Leds (conditionnées à un engagement des collectivités et entreprises, à minima à un abaissement du niveau d’éclairement en milieu de nuit)
- Un objectif « zéro phyto » dans tous les espaces publics, avec maintien des objectifs sur l’amélioration de la biodiversité
- Un appui aux régions pour une recherche d’amélioration de la qualité des transports en commun, afin les rendre plus attractifs
Bien entendu la liste n’est pas exhaustive, et appelle à être complétée, toutes les bonnes idées étant les bienvenues !
Toutes ces pistes ne sont ni de gauche, ni de droite, elles relèvent du bon sens et de l’impérieuse nécessité d’agir, rapidement et fortement.
La phrase du Président Chirac, « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », date déjà de 2002 (donc il y 23 ans). La droite française, si elle souhaite gouverner, doit adopter un volontarisme politique environnemental puissant.
Nous le devons à nos enfants !
Climadiag - à quoi ma commune devra-t-elle s'adapter ?
J'ai récemment été destinataire d'une information provenant du Ministère de la Transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pèche, présentant un certain nombre de dispositifs destinés à adapter nos communes aux changements climatiques.
Parmi ces dispositifs, j'ai pu découvrir "Climadiag", édité par MétéoFrance.
Cet outil, simple à utiliser (il suffit de taper Climadiag sur votre barre de recherche), délivre quelques enseignements importants, sur le futur de chacune des communes de france à horizon 2050, sur le plan climatique.
Bien sûr, comme tout un chacun, je m'attendais à quelques évolutions dues au dérèglement climatique.
Je dois dire que j'ai été servi, au regard des chiffres annoncés !
L'analyse compare les chiffres d'une période de référence très récente (1975/2005), à un horizon 2050 (dans 25 ans).
Selon les thèmes étudiés, les différences peuvent être phénoménales. Si certaines valeurs ne changent pas énormément, d'autres variations sont particulièrement notables :
- Le nombre annuel de jours de gel, quasiment divisé par deux, qui passe de 46 à 25...
- La température moyenne en été, qui augmente de 2.4 °C, pour atteindre 21°C en moyenne
- Le cumul de précipitations, qui en hiver, augmente de presque 20%
- Le nombre de jours avec risque significatif de feux de végétation, qui passe de 3 à 8 jours
- Le nombre de jours avec sol sec, qui augmente de 30% en Automne
- Le plus significatif étant le nombre annuel de nuits chaudes, multiplié par 5 !
Ces valeurs données sont précieuses. Elles nous invitent bien entenu à agir contre le dérèglement climatique, mais également à modifier nos politiques publiques. Et les réflexions qu'elles suscitent sont nombreuses :
- quelles essences de végétaux pour demain ?
- aménager nos espaces avec davantage d'arbres, nos cours d'école avec plus de végétation
- utiliser des revêtements plus clairs
- se préparer à des épisodes climatiques de plus en plus violents
- mieux protéger les populations vulnérables à ces changements (écoles, personnes agées, mais aussi les agents techniques)
- adapter la défense incendie
- et plein d'autres questions !
Le chantier est immense, à la hauteur du défi à relever. Dans cette battaille, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d'attendre !
Vous pouvez prendre connaissance du dossier complèt sur https://meteofrance.com/climadiag-commune
A bientôt
Alain Auzet